Fresque de Giotto représentant l’entrée de Jésus-Christ dans Jérusalem

L’Eglise fête aujourd’hui le dimanche des Rameaux. Cette fête est une fête populaire, attirant généralement beaucoup de monde. Autant que la fête de Noël, sans doute plus que la fête de Pâques. C’est une fête joyeuse mais qui porte en elle la souffrance puisque c’est ce dimanche-là que l’on lit la passion du Christ.

Je m’interroge sur ce qui attire les gens pour cette fête des Rameaux, ces personnes que l’on ne voit jamais le dimanche à l’église. Il y a, probablement, une part de superstition, part qui doit être plus ou moins grande selon les individus. On ne peut, malheureusement, empêcher cela. Mais qu’il est dommage que ce personnes réduisent l’Eglise à la bénédiction de quelques brins de rameaux d’olivier ou de buis. Il s’agit sans doute de quelques relents de croyances anciennes où la magie avait tout autant sa place que la Foi. Mais si l’Eglise se résume à cela, quelle est la différence avec la croyance des Romains ou celle des Grecs de l’époque antique qui pratiquaient leur culte à des dieux-idoles ? Croire au message de Jésus, ce n’est pas cela. Pourtant, l’Eglise a peut-être, à certaines époques, laisser perdurer ces quelques croyances, permettant de garder un nombre important de fidèles.

Je dois avouer que, moi, qui suis pratiquant régulier, eh bien moi aussi, j’ai fait bénir mes rameaux d’olivier. Je ne renie pas cette tradition, je la trouve belle. Cependant, je ne crois pas, mais peut-être ai-je tort, que ces rameaux bénis vont m’offrir une quelconque protection ou m’attirer les faveurs du Dieu vénéré. Non. Et je crois que ma foi, vacillante, se fonde de plus en plus sur une relation d’adulte et que je laisse tomber de plus en plus ce qui me semble accessoire ou, à tout le moins, dont le sens pourrait être détourné du vrai sens. Si être catholique, c’est croire qu’il faut faire bénir des rameaux pour être tranquille toute une année, alors je me sens loin de tout cela.

Cependant, année après année, mon interrogation sur ces personnes, qui ne viennent qu’une fois par an à l’église uniquement pour la bénédiction – on en voit même qui déguerpissent dès leurs rameaux bénis ! – évolue. Ne viennent-ils pas aussi chercher quelque chose qui les dépasse, de transcendant, qui leur permet de se rapprocher de Dieu ? Et si, finalement, ces quelques rameaux bénis ne les portaient pas tout au long de l’année ? Et si ces rameaux ne leur rappelaient pas ce Dieu d’amour et de miséricorde qu’ils ne côtoient qu’une ou deux fois par an ? Alors, aussi ténu soit-il, ce lien tissé en ce jour n’aura pas été vain.