Je comprends tous ceux qui hésitent à aller voter ou qui, même, renoncent désormais à se déplacer pour déposer un bulletin dans l’urne. Même les élections régionales qui devraient pourtant être considérées comme des élections de proximité n’échappent pas à la règle.

J’ai moi-même cette tentation de me dire : « à quoi bon ? ». En voyant le spectacle offert par les hommes politiques, j’ai de plus en plus de mal à être motivé.

Et pourtant, j’irai voter les dimanches 14 et 21 mars. Nous avons la chance de vivre dans une démocratie, certes imparfaite, mais qui assure une assez grande liberté à ses citoyens. Dont celle de pouvoir s’exprimer. Cette chance a été acquise de haute lutte et c’est aussi une façon de rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui se sont battus pour acquérir ou maintenir ce droit.

Ensuite, il me semble qu’un catholique se doit d’être partie prenante du monde d’aujourd’hui. Et cela passe aussi par le vote. Le Christ lui-même n’a pas nié la chose politique : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21). Il n’y a pas d’opposition de fait entre les deux.

Enfin, l’exemple de ces Irakiens qui ont eu le courage d’aller voter malgré les risques évidents encourus – imaginez un instant que de vous déplacer au bureau de vote représente un risque pour votre vie – m’incite à ne pas leur faire injure, moi qui peux voter sans danger pour qui je souhaite.