Comme j’ai eu l’occasion d’en parler dans un billet précédent, établir un lien entre des actes pédophiles et le célibat des prêtres me paraît hasardeux, pour ne pas dire idiot. Car finalement, cela reviendrait à dire que le célibat des prêtres est forcément mal vécu, que, non seulement ce célibat ne pourrait être tenu dans le temps, mais que cela ne pourrait se traduire, au mieux, que par une attirance vers les enfants, au pire par un passage à l’acte.

Il y a des exemples de prêtres qui n’ont pas tenu cet engagement : ils ont quitté l’église ou, pour certains, ont mené une double vie, avec une femme, souvent restée dans l’ombre, avec qui, parfois, ils ont eu des enfants. Que l’engagement du célibat soit difficile à tenir, je veux bien le croire et j’imagine qu’il n’y pas un seul prêtre qui, à un moment ou à un autre de sa vie, n’a pas éprouvé un moment de solitude affective et rêvé d’une vie maritale. Et que ces considérations-là mènent au questionnement du célibat est acceptable.

Mais qu’un évêque renommé (l’archevêque de Vienne) fasse le lien entre la pédophilie et le célibat m’attriste un peu, tant la réalité est fausse : combien de pédophiles sont mariés, ont une vie familiale en apparence sereine ? Et puis franchement, c’est avoir au fond une bien piètre idée du mariage que de le voir comme rempart éventuel à des pulsions pédophiles.

Je suis, évidemment, attristé et un peu abasourdi par ces cas révélés de pédophilie dans l’Église allemande, autrichienne ou des Pays-Bas, après ceux aux États-Unis – il y a déjà 10 ans – et en Irlande. La tache sur l’Église est immense et il faudra plus d’un pontificat pour trouver des remèdes afin que cessent ces scandales, trop souvent étouffés par le passé.

Benoit XVI – encore une fois attaqué frontalement – soutient le clergé allemand qui veut faire la lumière. Il le faut. Et nous savons déjà qu’il faudra énormément de temps pour réparer l’irréparable.