En cette semaine Sainte, je souhaiterais partager avec vous 2 films qui, chacun dans leur genre, peuvent aider à porter votre prière et vous aider à cheminer vers Pâques.

La Passion du Christ

Affiche du film "La Passion du Christ"

D’abord, le film « La Passion du Christ » de Mel Gibson. Ce film a suscité la polémique quand il est sorti (en 2004). Que n’a-t-on dit sur Mel Gibson lui-même ? Illuminé, conservateur, il n’a rien compris aux Ecritures, que sais-je encore ? Les catholiques étaient gênés, les critiques de cinéma ont eu beau jeu, sous couvert de critiquer certains aspects cinématographiques du film, de descendre en flèche ce film. Il est tout de même amusant de constater que la vie de certains réalisateurs n’entrent pas en ligne de compte, et c’est tant mieux, quand il s’agit d’encenser leur film. Quant aux critiques sur le film, et notamment la scène, tant décriée, où l’on voit le corps de Jésus ensanglanté et marqué par les coups de fouets, il me semble avoir vu pire dans d’autres films, ceux de Tarantino par exemple. Un résumé pondéré des critiques émises lors de la sortie du film est disponible ici.

Je ne considère cependant pas ce film comme un chef d’oeuvre : je regrette certains effets de style, notamment les nombreux ralentis qui n’apportent pas grand-chose. Je ne considère pas non plus qu’il représente la meilleure approche pour décrire la vie de Jésus et notamment sa passion. Cependant, la réalité est là. Celle des évangiles. Jésus a bien été fouetté, on lui a mis une couronne d’épines, on lui a craché dessus. Quant à la crucifixion, tous les spécialistes s’accordent à dire qu’elle est un des supplices les plus terribles à vivre. Bref, Mel Gibson a fait un choix et choisi le parti-pris d’une vision très doloriste de la vie de Jésus.

Néanmoins, ce film réserve quelques beaux moments. D’abord le choix de ne faire parler les acteurs qu’en araméen. Si cela a pu me rebuter au début, j’ai finalement adhéré à ce choix et me suis laissé porter par la musicalité de la langue. Ensuite, plusieurs scènes m’ont saisi et, à mon avis, ont servi le propos. Je trouve la scène de Jésus priant au Jardin des Oliviers, au début du film, assez magnifique. Jésus a peur, Jésus demande aux apôtres de veiller avec lui, Jésus implore son Père. Mais il fait librement confiance au Père. J’ai aussi apprécié comment était traité le reniement de Pierre et je trouve que les éléments contextuels sont bien rendus : la nuit propice aux cachoteries, l’effervescence de ceux qui, enfin, tiennent Jésus, la haine qui monte, … Et Pierre, si terriblement humain, qui perd pied, qui perd confiance. Enfin, et c’est un des points fort du film pour moi, les flashbacks qui montrent quelques passages clés de la vie de Jésus : la Cène, les Béatitudes, le « Aimez vos ennemis ».

Bref, ce film est sans aucun doute à découvrir ou à re-découvrir et il peut être une source de méditation sur la souffrance et la mort.

Le Grand Silence

Dans un tout autre genre, le Grand Silence. Ce film documentaire de Philip Gröning montre, pendant toute une année, la vie des moines du monastère de la Grande Chartreuse. Quasiment pas de dialogues, pas de musique ajoutée, pas d’effets spéciaux : uniquement la vie de ces hommes qui ont choisi de se retirer du monde pour mieux prier Dieu.

C’est un film paisible au sens littéral du terme : il apporte la paix et réjouit l’âme de voir ces vies simples, dénuées de tout apparat, si loin de nos vies modernes où tout va vite, où ce qui devrait avoir de la valeur n’en a pas, où ce qui est valorisé ne vaut rien. Si Pâques et la semaine sainte doivent nous renouveler, doivent nous aider à faire mourir en nous le vieil homme (ou la vieille femme) qui est en nous, assurément ce film peut nous y aider.