Je suis parfois désolé des accumulations de haine au sein des cellules familiales. Et plus particulièrement au sein de familles qui se disent catholiques et, parfois, souvent aussi, pratiquantes. J’ai déjà eu l’occasion de parler du pardon dans un article précédent. Jésus, et c’est une des radicalités de son discours évangélique, nous a enjoint au Pardon. Je veux dire, au Pardon total, sans restriction, sans réserve aucune. J’admets que c’est bien souvent au-delà de nos forces mais, au moins, nous qui nous prétendons catholiques, devrions-nous tenter d’aller vers cela.

Las ! L’être humain est ce qu’il est et nous savons tous que le Pardon, vrai, désintéressé, dont l’Amour est le terreau, est une vraie gageure. Ce qui m’étonne plus – à moins que ce ne soit une explication -, c’est que même dans le cercle familial, les mêmes difficultés se rencontrent. La jalousie, les mesquineries, les soucis d’argent, les rancœurs accumulées au fil des ans peuvent perturber gravement l’entente familiale. Combien de familles échappent aux mésententes ? Bien peu. Combien de haines larvées, grossies à partir d’événements mineurs, finissent souvent par tout emporter et ne trouvent une issue que dans la rupture ? Quasiment toutes ? Trop, assurément.

Le cercle familial, même élargi, devrait pourtant, au moins, être un lieu favorable pour mettre en pratique le Pardon. Bien souvent, ce n’est pas le cas. Est-ce à cause d’une trop grande proximité ? L’orgueil empêche-t-il ce surpassement de soi ? La pudeur, le regard des autres, la mémoire tiennent sans doute aussi lieu d’explication.

Jésus nous a demandé de pardonner à nos ennemis. Mais, me semble-t-il, ce n’était que pour préciser sa demande d’Amour du Prochain. Oui, l’Amour du Prochain, ne s’arrête pas à nos proches : il va au-delà, il va jusqu’à notre ennemi, extérieur. Il ne s’arrête pas à nos proches mais il commence peut-être par là.

Qu’en ce temps de l’Avent, et de Noël qui approche, nous soyons capables de surmonter notre orgueil et notre égo et d’offrir notre pardon à ce parent, cet enfant, ce frère, cette sœur, cet oncle, cette cousine qui, peut-être, nous a fait du tort.